Tu disais du Saint-Laurent à la Seine il n’y a qu’un pas Il n’y a qu’un pont Tu t’en souviens? Pour toi, j’ai osé l’histoire, la distance Je ne suis pas un oiseau migrateur Aujourd’hui, je suis fatiguée Je suis fatiguée de ces correspondances Des rendez-vous manqués Du décalage horaire De ton silence sur le répondeur Je suis fatiguée Fatiguée Continuellement Ils tournent sur eux-mêmes Comme des faux-fuyants Des complices d’abandon Qui ne sont pas vraiment là Mais qui reviennent Lentement Les amants tourmentés S’entêtent à se faire mal Souvent dans l’indifférence Tu disais du Saint-Laurent à la Seine il n’y a qu’un pas, il n’y a qu’un pont Tu t’en souviens? Toutes ces époques qui passent Sur un ruisseau tranquille Tout doucement S’enlacer tendrement Éclabousser l’histoire Délecter sa peine Tu t’en souviens? Lentement Les amants tourmentés S’entêtent à se faire mal Souvent dans l’indifférence Et ça recommence Et ça recommence Dans l’indifférence Mais je me souviens du Saint-Laurent, de la Seine et de nos doux silences